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Les Moulins et Pont Aven (Promenade des Moulins à Pont Aven)
La
présence de moulins à Pont-Aven, même s’il
ne s’agissait pas encore de Pont-Aven, date de la
fin de l’époque gallo-romaine.
Les biefs, ou réserves
artificielles (réserve énergétique en eau
régulée par un barrage : déversoir + vannes)
se sont donc multipliées dès le début du
moyen âge pour arriver à un nombre de 14
formant le hameau à la fin du XVIème.
On peut donc décrire ce hameau qui se nomme aujourd’hui Pont-Aven comme étant un ensemble de 14 maisons meunières servant à transformer la production agricole des seigneuries de Riec, Clohars, Bannalec, Nizon et Melgven.
Ces maisons appartenaient d’ailleurs toutes à ces seigneurs: ceux du Poulguin, du Hénan, les moines de l’Abbaye de St Maurice, ceux du château de Rustéphan...
La naissance de Pont-Aven en tant que bourg date de la fin du XVIIème et surtout du XVIIIème, périodes où est né le dicton : Pont-Aven, ville de renom, 14 moulins, 15 maisons.
En effet avec la montée en puissance de l’activité portuaire, s’est vue construire une 15 ème demeure : l’auberge, grande sœur de toutes les pensions qui ont par la suite, fait la renommée de cette cité.
L'Historique
Le
bief et les fondations du Moulin du Grand Poulguin, datant au moins du XIIéme siècle, n'ont été baptisés qu'à la fin
du XVIème, début du XVIIème siècle, alors qu'ils étaient propriété des seigneurs du Poulguin
qui possédaient un château situé à Port
Manech, sur la rive droite de l’Aven.
Poul Guin vient de Poul Gwin, soit trou à vin : C'est le commerce du vin par cabotage qui était la ressource principale de ces seigneurs sous l'ancien régime. Cest donc ce commerce de vins qui a baptisé un ensemble de demeures, chateau et moulins.
C’est
en 1833 que Sébastien Even achète le Moulin du Grand
Poulguin à la Marquise des Nétunnières pour
la coquette somme de 8000 francs. En 1920, il change de propriétaire.
Emile Ligeour en fait l’acquisition et ce moulin va écraser le grain
jusqu’en 1954.
Par la suite,
c’est le silence total des roues et meules pendant 40 ans. En revanche, le moulin abritera l'épicerie bar de Fine Ligeour dans les années 60 et 70.
En mai 1994,
le moulin du Grand Poulguin a relancé son mécanisme sur l’initiative de son propriétaire de l’époque,
Monsieur Yves Sintic et du Président de l’association
des amis des Moulins du Finistère, Monsieur Joseph Cavaloc. En 2002, l'une des deux roues a été refaite à l'initiative de son actuel propriétaire par le Lycée professionnel du Bâtiment de Plében (29).
"Pont Aven, ville de renom, 14
moulins et 15 maisons ! »
dit le dicton : Le Grand Poulguin,
quatorzième de la liste, ( le plus en aval) est le dernier moulin de Pont Aven à garder en état ses roues et mécanismes.
Moulin à eau, il est tributaire de la marée ; Suivant le
coefficient de cette dernière, son fonctionnement en est
ralenti, voire arrêté.
Le Mécanisme
C’est
la poussée de l’eau qui actionne ses deux roues hydrauliques
à aubes ou à palettes dont il est équipé.
Ces roues sont faites en bois de chêne, de châtaignier
ou de hêtre, et lorsqu’elles ne sont pas restées
trop longtemps exposéees au soleil sans tourner, elles peuvent
durer entre 20 à 30 ans.
Afin de permettre
le passage de l’eau, le meunier ouvre la vanne de garde. Une seconde vanne, appelée vanne de réglage, lui
permet de contrôler le débit de l’eau frappant
sur les palettes des roues. Ce contrôle s’effectue
de l’intérieur du moulin grâce à un
volant du mécanisme agissant sur la crémaillère.

La
grande roue hydraulique tourne environ à la vitesse de
3 tours par minutes. Les meules quant à elles, tournent
33 fois plus vite que la grande roue à eau, à la
vitesse de 120 tours par minute.
Deux
grandes roues hydrauliques actionnent deux mécanismes totalement
indépendants l’un de l’autre, la grande roue
à eau entraînant toute une démultiplication
qui peut paraître bien compliquée. En fait, il n’en
est rien ! Le couple d’engrenage, formé par les deux
roues noires du fond, a pour but de multiplier la vitesse. Le
second couple, conique et totalement indépendant de l’autre
transforme le mouvement horizontal en un mouvement vertical. Au-dessus,
se trouve le hérisson: son ossature est en fonte, mais
ses dents sont en bois. Le bois utilisé pour ce faire est
du sipo, bois exotique provenant en général de la
Côte d’Ivoire ou du Cameroun. Cormier, pommier, poirier,
buis, acacias ou chêne vert auraient pu être également
utilisés.
Ce hérisson
entraîne deux axes de rotation, eux-même entraînant
deux paires de meules qui se situent à l’étage.
A leur base, ces deux axes s’enfoncent dans une crapaudine
et de chaque côté de ces crapaudines, les deux vis
de serrage sont parfaitement visibles. Ces vis sont très
importantes car, grâce à une clé, elles vont
permettre au meunier de serrer ou de desserrer les meules afin
d’obtenir la finesse de farine qu’il souhaite.

L’escop,
ficelle directement fixée à l’auget permet
de contrôler le débit du grain tombant entre les
deux meules. Une fois le grain broyé entre ces meules,
la farine est séparée du son, cela s ‘appelle
« mouture de grosse » ou « boulange ».
Chacune des trois paires de meules est équipée de
trémie d’échappement, d’auge et de sac.
L’échelle permet d’accéder à
l’étage. Quant aux sacs de grains, ils sont montés
à l’étage par le biais d’un monte-charge entraînait lui aussi par la roue.
L’indicateur
de vitesse (régulateur à boules) indique de la bonne marche du moulin, si celui-ci va
trop vite ou trop lentement, une sonnerie se fait entendre afin
que le meunier procède aux réglages nécessaires.
L'exploitation
Dans l’atelier
du meunier, on retrouve la poulie du monte-charge, ainsi
que les trois paires de meules (la dormante et la courante) qui indiquent que le meunier peut fournir
trois moutures différentes à la fois.

Suivant le
grain à broyer, ( Froment, blé noir, seigle, ou orge…) le meunier peut utiliser différentes
pierres : granit, silex, quartz, pierre meulière ou grès.
Le choix se fait en fonction de la région et également
de son goût personnel. Le grain est écrasé
entre les deux meules parallèles ; La meule gisante ou
dormante est fixe et la meule courante est tournante. Les grains
à broyer sont déversés dans une trémie
et s’écoulent dans l’auget suspendu à
la civière.
Le babillard, ou la chanteuse, fait vibrer
l’auget commandant ainsi une descente régulière
du grain dans l’eillard qui les dirige entre les deux
meules. Broyées, les céréales sont rejetées
par la force centrifuge, puis poussées par de petits balais
fixés (ou taillés) sur la meule courante, vers la trémie d’échappement,
l’auget, puis le sac. Cette mouture épaisse est ainsi
livrée au boulanger ou au paysan qui se chargeront de la
tamiser par la suite.
Certains tailleurs de pierre de meules étaient capables par leurs simples coups de pic d'utiliser au mieux la force centrifuge pour séparer le grain du son dès la sortie de meule. Il y a alors deux trémie d'échappement, deux augets, puis deux sacs par paire de meules.
Les archives
et le plateau de bois recouvrant les meules vont contenir la boulange
pendant le broyage. L’hasillage se détériorant
au fur et à mesure du broyage, le meunier est tenu de procéder
au rhasillage, à savoir, restaurer les aspérités
de la pierre. Pour accéder aux faces internes de ses meules
courantes, il doit les lever grâce à une potence
et les mettre soit sur champ, à la verticale, soit retournées
sur la meule dormante. Le marteau à piquer va lui servir
à boucharder la surface plane tandis que le marteau à
rhasiller est utilisé pour retracer les rainures.
Un lieu d'exposition pour les artistes de l'histoire tels que Even, Grünn, ...
Et pour les artsites vivants de Pont Aven, ou du Pays de l'Aven- Belon tels que Pustoc'h, Donval, Padrig, Ruiz, Padrig, Edouard, Marco Di napoli, Pondeville, Tual.....

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